Un voyage en chine

La meditation en mouvement
chapitre 1

Dureté et rigidité sont compagnons de la mort
Fragilité et souplesse sont compagnons de la vie

 -Lao Tseu-




Lorsqu'est venu le moment où Shifu (maitre) m'a proposé de partir pour la Chine, je suis resté étonné.  Devant le potentiel de découverte de ce voyage, l'enfant qui ne peut cesser de gigoter devant une situation excitante s'est éveillé en moi.  Mais, comme cela arrive probablement trop souvent à plusieurs, mon quotidien comportait des obligations qui ont eu pour effet de me freiner au gallot.  À ce moment, surgit en moi une suite de questionnements qui allait mener à ma décision de partir. De façon plus juste, c'est à cet instant que mon voyage a débuté. L'effet contradictoire de la rencontre entre la réalité et l'imaginaire était profond en moi.  Je savais que ce voyage pouvait à tout jamais changer ma vie et je me demandais si j'étais prêt à y faire face. Tant d'histoire mythique habite ces terres.  La Chine était, à mes yeux, un monde où tout sortait de l'ordinaire. Toute sortes d'histoires légendaires concernant ce pays m'avaient été racontées dans des livres ou en paroles.  Pour moi, ces récits constituaient une source de motivation qui me poussait à vouloir me surpasser et découvrir les limites de l'être humain . Après avoir pris la décision de partir, je me suis assis pour prendre le temps de comprendre pourquoi j'avais choisi de suivre cette orientation qui allait devenir le projet de toute une vie.


Cela fait déjà six ans que je pratique une multitude de disciplines venues de l'Orient (Tai ji, Qi gong, Gong fu).  Une culture, une vision et une histoire tout à fait différentes des nôtres à priori.  Le Gong fu (Kung fu) est un art datant de plusieurs millénaires.  L'appellation, souvent associée à une activité physique, se réfère plutôt à une suite d'actions qui, avec le temps, deviennent méditatives.  Une sorte de rituel qui permet à l'individu de cheminer vers l'épanouissement personnel.  Ce parcours m'a ainsi appris que tout mouvement pouvait s'effectuer avec une grâce profonde et être méditatif. Une simple routine de vie, exécutée avec une profonde paix intérieure, peut se vivre d'une toute autre façon. Je me souviens d'un de mes premiers enseignements de philosophie bouddhique.  Peu importe que tu fasses la cuisine, le lavage, le ménage ou que tu travailles, toute action recouvre le potentiel d'être zen.  La vie se cumule à travers l'intention derrière chacun de nos gestes. Ce sont ces gestes qui, avec de la discipline et de la persévérance, vous amènent une paix profonde.  Méditer, ce n'est pas seulement savoir s'assoir et contempler le vide. C'est aussi savoir répondre à ce qui émerge en nous et ce, avec douceur pour calmer la tempête. C'est un cheminement intérieur au travers duquel il faut savoir écouter et être souple d'esprit. Au début, c'est comme forcer un enfant à faire quelque chose qu'il ne veut pas.  Il pleure, il crie et se révolte, mais avec le temps, tout se calme. Savoir se reconnaître à travers ses actions, ses paroles et ses pensées est la première étape.

 Avec la douceur, tu vaincras la colère, avec la générosité tu vaincras la méchanceté.

-Gandhara buddha-